Resident Evil : Degeneration (film)
Inoculation expéditive
Oublions l'espace d'un instant si vous le voulez bien, les ridicules adaptations cinématographiques de cette série aussi célèbre que déclinée qu'est Resident Evil, et attardons-nous un moment sur cette vraie bonne idée signée Sony Pictures Entertainment : un film d'animation en images de synthèse, fidèle à la série, et qui s'implante du coup particulièrement bien à la passionnante chronologie du jeu de Capcom.
Se déroulant un an après le quatrième opus initialement sorti sur Game Cube, Degeneration a tout d'abord le mérite de faire ré-apparaître deux célèbres personnages de la série : Claire Redfield, et surtout Leon S. Kennedy. Les deux héros de Resident Evil 2 se retrouvent ici à l'occasion d'une attaque bioterroriste sur l'aéroport d'Harvardville, avant de devoir faire face à l'infection de la société pharmaceutique WilPharma, par ailleurs détentrice du vaccin contre le Virus-T. Le tout orchestré par Curtis Miller, un militant radicalement opposé à WilPharma depuis qu'il a perdu sa famille dans la destruction de Racoon City.

Claire et Leon font de nouveau équipe. C'est tellement plus convaincant que Milla Jovovich...
Si à l'image de Final Fantasy VII Advent Children, Degeneration se veut surtout prétexte au retour d'anciens protagonistes, et fait donc référence à des évènements auxquels seuls les fans peuvent réellement en saisir la signification, ce film de 97 minutes s'en sort plutôt bien. En dépit d'un scénario un peu prévisible, voire capilotracté par moments, Degeneration s'avère efficace, même si l'on y reconnait très vite le symptôme de Resident Evil 4. Tout comme ce dernier, les situations angoissantes caractéristiques des premiers jeux s'effacent au profit de pures scènes d'action. Dans lesquelles on y retrouve évidemment les traditionnels zombies, mais pas les séquences flippantes qui firent le succès de la série.
En fait, l'abondance d'explosions annule toute possibilité d'effroi. Une tendance que ne viendront pas contrarier les quelques passages dans d'obscurs couloirs, dans lesquels les protagonistes sont souvent bien accompagnés, et bel et bien armés. Même si Leon ne manque pas de signaler l'importance des munitions dans ce genre de missions. Clin d'oeil sympathique à ces situations récurrentes et bien embarrassantes de la série, de la part d'un héros qu'on aura vu gagner en charisme au fil de ses apparitions.
Facile mais finalement divertissant, Resident Evil : Degeneration réussit là où les films "live" s'étaient précedemment cassé les dents. Comme un signe qu'un jeu vidéo n'a sûrement pas besoin d'acteurs pour être bien retranscrit au cinéma...
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