Pro Evolution Soccer 2011
Le retour... de la zone de relégation
Comme sous l'ère Domenech de l'Equipe de France, l'ami Raymond l'aurait assuré à la fin du match : "Ce soir, j'ai vu des bonnes choses" alors que son équipe n'a pas tiré au but de la soirée. PES est un peu à l'image de cette triste époque pour le football français : apathique; presque impuissant face à un Fifa sûr de sa force, malgré les bonnes intentions affichées dans cet opus 2011.

PES est sur la bonne voie certes, mais sera t-il enfin prêt un jour à contrarier son rival sur cette génération ? Les saisons passent et l'engouement pour le jeu de foot d'EA Sports s'intensifie. Déjà bien rôdé dans ses mécaniques, le titre concurrent ne cesse d'enrichir ses modes de jeu et sa base de données. Quand à l'inverse, PES se traîne toujours le même nombre famélique de licences. En 2005 on pouvait encore fermer les yeux sur tout ce contenu manquant qu'il nous suffisait d'ajouter dans le menu adéquat. Mais PES était la simulation reine et son gameplay raffiné n'avait alors pas d'égal. Six ans plus tard, le jeu de Konami paye cash une orientation arcade impensable, prise à l'apogée d'un règne qu'aucun ne pensait voir s'achever. Et si l'on sent Shingo "SeaBass" Takatsuka et son équipe conscients de l'écart qu'il leur faut désormais combler, il parait difficile de les imaginer revenir au score à court terme. Même si l'adversaire n'est pas exempt de tout défaut.
Dès le milieu de terrain, Fifa et PES n'évoluent déjà plus au même niveau. Quand le premier multiplie les dédoublements de passes fluides telles que celles du Barça, le second peine encore à l'exercice de base du contrôle-passe, niveau DH quoi. Et quand d'aventure, une passe assez risquée trouve preneur et qu'un décalage se profile, l'IA trouve souvent le moyen de faire capoter l'action en changeant radicalement la direction initialement inculquée au ballon. Plutôt rageant. Le recours au jeu en profondeur n'est pourtant pas spécialement le plus fructueux, attaquants comme latéraux ne déclenchant quasiment pas un seul appel. S'engouffrer dans un espace requiert de ce fait davantage un bon dosage dans la passe et un attaquant suffisamment rapide plutôt qu'un appel millimétré. En conséquence, les quelques bonnes occasions à concéder/se procurer proviennent trop souvent de coups de pieds arrêtés. Comme un mauvais exemple du football moderne.
Vers le haut du tableau ?
Pourtant, PES 2011 ne manque pas de tenir la dragée haute à Fifa dans quelques compartiments. Techniquement déjà, la série de Konami a toujours été un modèle dans la modélisation des joueurs (stars mais pas seulement) et dans l'animation de ces derniers. Les ralentis sont sans cesse l'occasion d'apprécier la reproduction fidèle des courses et mouvements habituels de tel ou tel joueur. Globalement, le rythme de ce PES-là parait plus posé, plus propre et mieux arbitré, au contraire d'un Fifa frénétique dont les agressions vont de pair avec les coups de sifflet intempestifs. On regrette ainsi que Konami n'ait pas su proposer une expérience similaire à Fifa pour ce qui est de la construction du jeu. Alliée à la vista et la physique de balle subsistantes de l'ancien roi PES, ça aurait fait du ravage.
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