Final Fantasy XIII
RPG partiel
D'un prestige très vite acquis depuis 1987 et glorifié par d'excellents épisodes PlayStation, la licence Final Fantasy a toujours fait partie des témoins privilégiés de la domination japonaise sur le jeu vidéo mondial. Mais à l'image de cette industrie nippone en difficulté sur la génération actuelle, le roi du RPG Square-Enix livre une copie décevante, aux antipodes de l'attente suscitée.
L'entrée en matière (traditionnellement) spectaculaire annonce déjà la couleur : l'aventure de ce Final Fantasy XIII se veut sensationnelle. Mais parce qu'elle va trop vite en besogne, elle ne parvient pas à s'extirper de sa grandiloquence. Le jeu s'ouvre sur une vague scène de déportation, laquelle est vite interrompue par un groupe de résistants hostiles à la politique des religieux du Sanctum, qui ne sauraient tolérer le moindre contact avec le monde voisin de Pulse - sauvage et redouté. Grâce à la bienveillance des fal'Cie, de puissantes divinités alliées aux humains, le monde technologique de Cocoon vit en parfaite autarcie, loin des dangers de Pulse comme tend à le faire comprendre la politique de la terreur du Sanctum. Sauf que le jour où un fal'Cie de Pulse pointe le bout de son nez sur Cocoon, avec le pouvoir potentiel de faire de certains humains des l'Cie - soit des élus au service de Pulse, le Sanctum se presse d'éliminer les personnes susceptibles d'avoir été approchées par le fal'Cie.
L'importance des préliminaires
Si l'histoire gagne évidemment en clarté par la suite, elle ne le fait pas toujours adroitement. Déjà parce que les flashbacks inopportuns contrebalancent étrangement le rythme effréné de l'aventure. Ensuite parce que cette même aventure se heurte à l'incroyable linéarité du gameplay. Ce que l'on croit d'abord être une riche et entraînante introduction se révèle être le cœur du jeu. Alors que les heures défilent et que l'on attend toujours que l'orage passe, Final Fantasy XIII ne nous donne jamais l'occasion - si ce n'est dans son journal de bord - de ralentir la cadence et profiter des à-côtés classiques de la série. Avec le désagréable constat que le démarrage de l'aventure représentait déjà la vitesse de croisière de l'épopée. Impensable.
Pourtant, cet épisode XIII ne manque pas de charme. A commencer par sa réalisation exemplaire, tout en couleurs et en luminosité - quand la grande majorité des jeux contemporains préfère abuser des mêmes teintes grisâtres. Véritable force et plus belle innovation de ce nouvel opus, le système de combat ultra-dynamique qui renvoie loin, loin les standards sclérosés du genre. A l'image des rixes du film Final Fantasy VII : Advent Children, celles de Final Fantasy XIII se veulent époustouflantes. Le meilleur moyen sûrement de mettre en exergue les pouvoirs acquis par nos personnages jouables. Grâce à un système de stratégies, les trois combattants alternent les rôles parmi des archétypes pré-définis (attaquant, soigneur, saboteur, etc.). Il convient alors de choisir la bonne au bon moment, et de combiner les compétences pour percer la défense de l'adversaire. Bien vu. Mais si la plupart des combats sont évitables, ils demeurent inévitablement le point fort du jeu, la force motrice. Autrefois élément comme un autre du parfait équilibre de Final Fantasy, le combat apparaît ici comme l'unique distraction d'une longue et insipide marche en avant, d'un point A à un point B sur une carte qui nous indique la direction... du seul embranchement. Au bout duquel, la (superbe) cinématique qui nous récompensait auparavant d'avoir su se frayer un chemin, n'a désormais clairement plus la même saveur.

Les combats sont l'une des seules réjouissances de Final Fantasy XIII. Les épisodes suivants devraient logiquement présenter des similitudes.
En faisant définitivement fi des coutumes de la série et en préférant miser sur l'aspect narratif, Square-Enix livre bel et bien l'épisode le plus controversé de la série. Pourtant, ce sens de la narration qu'a toujours su appliquer le studio japonais n'y est pas : en faisant table rase du passé et en supprimant la richesse intrinsèque de la série, les artifices spectaculaires et la narration expéditive ne parviennent pas à faire oublier les épisodes les plus fameux. Comble de la désillusion : la bande-son banale achevée par l'interprétation de Leona Lewis, alors que Nobuo Uematsu n'y est même pas crédité. Plus le temps passe, et plus Square-Enix appuie malgré lui l'idée que les dernières fantaisies sont bel et bien révolues. Dommage, car au terme de nombreuses heures de jeu on finit par atterir sur Pulse et prendre un bol d'air frais. "Ca remet tout en perspective, pas vrai ?" lâche alors Fang, l'une des héroïnes de Final Fantasy XIII, lors des premiers pas en ces vastes contrées. Oui, mais en vain.
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Commentaires
20 décembre 2009
17 semaines 10 heures
La désillusion, je crois que c'est le mot oui.
Incroyable comme ce FFXIII est faible. Si les deux ou trois précédents n'étaient guère brillants, celui-ci fait tomber la saga au fond du trou, c'est l'impression que j'ai. C'est paradoxal parce que le système de combat est une référence dans le genre. Mais la magie FF ne prend pas...
Dart, est-ce là ta plus grosse déception de 2010 à l'heure actuelle ?
27 août 2009
4 semaines 4 jours