Fifa 11
Leader vacillant
A l'aube d'une nouvelle saison de football virtuel, le champion en titre Fifa s'avance, sûr de lui, prêt à reprendre la compétition. Mais s'il est vrai que son concurrent direct ne semble toujours pas disposer des armes nécessaires pour lutter, Fifa n'affiche pour autant pas un état de forme flamboyant. Le poulain d'EA Sports n'a semble t-il pas tellement profité de l'intersaison pour travailler son jeu, lequel présente encore les mêmes carences que l'année dernière. Une aubaine pour Konami.

L'ambiance dans les stades est une vraie réussite. A Anfield, la foule s'emballe à chaque occasion.
Un match Fifa démarre telle une prestigieuse affiche de Ligue des Champions : tambours battants. Les vingt-deux acteurs mettent d'office l'engagement nécessaire à une rencontre de haut niveau. Lignes serrées et pressing constant, le ballon va et vient d'une équipe à l'autre, prêt à se faufiler dans la première faille qui se présentera. Ainsi, Fifa confirme d'entrée de jeu la puissance de son jeu de passes, déjà le principal atout des deux versions précédentes. Fortes de joueurs désormais plus habiles et de nouvelles animations, la construction et la gestion des temps forts constituent à nouveau l'essentiel du plaisir que procure cette cuvée 2011. Plus que jamais, jeu en triangle, appels/contre-appels et permutations n'ont paru aussi crédibles que dans ce Fifa-là. Pourquoi alors, tout ce qui fait la force de la simulation se retrouve perpétuellement gâché toutes les deux séquences de jeu ? La faute à une intensité physique de tous les instants, délivrée par tous les joueurs, quelque soit le gabarit. Et à un arbitrage des plus médiocres; parfois sévère sur les accrochages les plus anodins, indifférent sur les fautes les plus méchantes.
En résulte un jeu inévitablement saboté dès la relance, que ces déménageurs de Rooney ou Drogba viennent empêcher. S'il est difficile de faire abstraction d'une telle gêne, Fifa sait toutefois se montrer plaisant. Dans la retranscription des caractéristiques et du comportement d'un joueur par exemple. Comme quand Cesc Fabregas, génial maître à jouer d'Arsenal, se retrouve à la conclusion d'une action qu'il avait lui-même initiée quelques secondes avant... dans sa moitié de terrain. Ou quand Hugo Lloris s'envole et se déploie de tout son long pour aller claquer un ballon qui prenait le chemin de la lucarne. Un exercice compliqué, auquel il est désormais possible de s'adonner dans un mode de jeu justement destiné au contrôle du seul gardien de buts. Bien vu.
Moins crédible déjà, c'est la prolifération de dribbles (difficiles) de la part de joueurs quelconques. Il n'y a qu'à tomber contre Chelsea et constater avec stupeur la technique d'un Nicolas Anelka (!), enchaînant roulettes et passements de jambes tel Zinedine Zidane. D'ailleurs, l'IA ne se prive jamais d'abuser de ces mouvements pour percer plein axe, résister au pressing de plusieurs adversaires et se présenter devant le but. Par instants, Fifa semble retomber dans les travers de son époque arcade, qui voyait alors son rival PES dominer outrageusement le marché de la simulation de football. Les temps ont changé et EA Sports dispose désormais d'une bonne longueur d'avance sur son concurrent japonais. Mais en affaires comme en football, tout peut vaciller du jour au lendemain. Konami comme les cadors de la Ligue 1 en savent quelque chose.
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.







