Epic Mickey
L'hommage au film d'animation
Depuis qu'il avait été annoncé en octobre 2009, tout le monde se demandait à quoi pourrait bien ressembler la version définitive d'Epic Mickey. Et pour cause, les premiers artworks à l'ambiance steampunk et la présence de Warren Spector (Ultima Underworld, Deus Ex) à la tête du projet conféraient alors au projet une aura toute particulière. Ce n'était d'ailleurs pas un hasard : Epic Mickey est bien le jeu d'envergure tant attendu qui replace la souris de Disney sur le devant de la scène autant qu'il rend hommage au cinéma d'animation.

Walt Disney en personne l'avait déclaré autrefois : "Tout ce que j'espère, c'est que l'on ne perde pas de vue une chose : tout a commencé avec une souris". C'est bien là le problème d'Oswald le lapin chanceux, car tout avait en fait commencé avec lui. En réalité, Disney avait dû céder le personnage à Universal Pictures à cause d'une histoire de contrat signé à la va-vite. Mais dans le jeu, Oswald reproche à Mickey de lui avoir volé la vedette, en plus d'avoir détruit son monde. Quelques années précédant l'intrigue, la célèbre souris traversait en effet un miroir pour rejoindre la demeure de Yen Sid, le sorcier de Fantasia. Intrigué par la miniature du Monde de la Désolation, Mickey y déversait malencontreusement peinture et dissolvant avant de retraverser le miroir, pris de panique. Epic Mickey débute longtemps après ces évènements. A une époque où la souris est évidemment le personnage emblématique de Disney et où les anciens personnages secondaires vivent désormais reclus.
Crée par Yen Sid, le Monde de la Désolation se voulait hâvre de paix pour tous les personnages oubliés de l'univers Disney, qu'ils soient d'anciens héros ou de simples figurants. Jusqu'à ce que Mickey, non content déjà d'avoir éclipsé les autres personnages, vienne détraquer ce Disneyland du pauvre en engendrant tout un tas de créatures peu fréquentables. Amenée de force dans le Monde de la Désolation, la souris se retrouve à venir en aide aux habitants tout en essayant de rentrer chez elle. D'emblée, le gameplay d'Epic Mickey repose sur le choix dans l'utilisation des deux liquides. Armé d'un seul pinceau magique, Mickey puise dans sa réserve de peinture ou de dissolvant pour réparer ou détruire les éléments du décor. Typiquement, le dissolvant permet de s'ouvrir un passage, tandis que la peinture sert essentiellement à faire (ré)apparaître plates-formes et engrenages.
Si la partie plate-forme du jeu, justement, ne laisse en fait pas tellement le choix dans la progression et la résolution des énigmes, les séquences d'action et les missions acceptées influent déjà davantage sur le futur déroulement de l'histoire. Libre au joueur donc, d'user lors des combats de la peinture pour amadouer les ennemis, ou du dissolvant pour les détruire. L'attaque la plus fréquemment utilisée sera alors imitée par les gardiens de Mickey, intervenant d'un coup de nunchuck sitôt la jauge adéquate remplie. De la même manière, décider de venir en aide ou non aux personnages rencontrés dans les niveaux modifie toujours la façon dont ils interviennent sur l'environnement et la résolution des missions en cours.
Et malgré les problèmes de placement automatique de la caméra lors de certaines phases, l'expérience de jeu reste sans cesse captivante. Un peu vieille école aussi - on n'en finit plus de penser aux références du genre ayant notamment fait la gloire de la Nintendo 64 - mais paradoxalement rafraîchissante à côté des productions actuelles. C'est d'ailleurs un aspect primordial d'Epic Mickey, puisqu'il ravive sans cesse les souvenirs d'un passé, celui des premiers dessins animés de la souris faisant office de niveaux de transition 2D. Epic Mickey dispose d'ailleurs des ingrédients fondamentaux des films Disney : la réalisation soignée, la bande-son mémorable et l'inéluctable magie qui, depuis l'aurore du film d'animation, fait rêver petits et grands.

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Commentaires
22 novembre 2009
1 an 6 semaines