Crayon Physics
Un sacré coup de crayon
Je dois l'avouer, je ne me suis jusqu'à maintenant guère intéressé aux jeux indépendants. Non pas que je sois un inconditionnel pigeon des grosses productions, mais j'apprécie tout de même bien plus le travail réalisé par toute une équipe de professionnels, surtout lorsqu'il faut aligner les biftons.
Mais voilà, il y a quelques mois, c'est en lisant Overgame (1), que je me suis laissé tenté par le Crayon Physics du finlandais Petri Purho. Déjà parce que je me suis fait la remarque : "Merde, j'écoute/regarde/lit pas mal de trucs indépendants, mais je ne touche pas aux jeux du même genre". Ensuite parce que, et je ne sais pas trop pourquoi, j'ai su à la lecture seule de l'article d'Eric Simonovici que le jeu me plairait.
Sous une bonne étoile
Jugez plutôt le concept : sur des feuilles à carreaux, à dessin et autres supports tout à fait écoliers, l'on dessine des formes qui répondent totalement aux lois de la physique telles que nous les connaissons. Et le créateur du jeu en connait sûrement un rayon de la physique, puisqu'il est apparemment ingénieur. Ayant, au cours de ma scolarité, probablement plus dessiné et rêvé qu'étudié, j'ai donc été particulièrement séduit par ce petit jeu sans prétention, où l'on se surprend pourtant à reproduire ce que l'on a pu gribouiller dans nos cahiers de maths puis plus tard de philo, et que le tout se mette en branle afin de parvenir à finir le niveau à l'objectif unique et simpliste : faire parvenir un ballon jusqu'à une ou plusieurs étoiles. En le faisant rouler, en le projetant, en le transportant... C'est ici que Crayon Physics se distingue d'un jeu traditionnel.
Car si la progression est somme toute assez banale : plusieurs niveaux répartis sur plusieurs îles auxquelles on accède au fur et à mesure, et toujours les mêmes étoiles à récupérer; le jeu interpelle sans cesse notre imagination pour y parvenir. La récupération des dites étoiles ne demande pas énormément d'efforts, même s'il faudra parfois vraiment réfléchir et surtout prendre connaissance de ce que le jeu met à notre disposition pour réussir. Mais toujours chez Overgame, j'apprends que le concepteur du jeu "a de nombreuses fois expliqué que le vrai challenge était de concevoir les installations les plus originales", davantage que réussir à finir le jeu. A noter également la présence d'un éditeur de niveaux bienvenu, là où certains gros développeurs sont encore frileux à l'idée d'en intégrer à leurs jeux.

Certains font preuve d'une imagination débordante pour faire avancer le ballon.
Crayon Physics est une véritable invitation à s'évader dans des dessins pastel enfantins, où les formes dessinées s'animent et s'assemblent tranquillement au gré d'une bande-son légère et rafraichissante. Petri Purho y a consacré quelques mois de sa vie (en séchant les cours apparemment), je ne saurais trop vous conseiller de vous y essayer (gratuitement) ne serait-ce que 5 minutes.
(1) : A l'heure où je publie cette critique, l'ancienne version d'Overgame n'est plus accessible.
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