Capsized

Move to shoot'em up !



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Déjà "connu" pour Nexuiz, un FPS gratuit et open-source sorti en 2005 sur PC, le studio indépendant canadien Alientrap nous revient avec un jeu de plateforme 2D orienté action. Nerveux et très joli, Capsized fait partie de ces indies qui intriguent, occupent voire captivent les joueurs égarés, à la recherche d'expériences rafraîchissantes.


Écrasé sur une lointaine planète, un vaisseau d'exploration voit son équipage dispersé dans une jungle peu accueillante, peuplée de monstres et d'indigènes armés jusqu'aux dents. En tant que survivant, il est temps de se frayer un chemin dans ce monde luxuriant pour espérer retrouver d'autres rescapés et déguerpir au plus vite. Peu banal, Capsized se présente comme un savant mix entre plateforme et shoot them up. Vêtu d'une combinaison spatiale et profitant de la faible attraction gravitationnelle, c'est donc avec beaucoup de légèreté que débute notre aventure. D'un simple saut, on s'envole aisément pour aller s'accrocher aux rochers du dessus, avant de redescendre plus ou moins vite mais toujours sans danger. Les ennuis ne tardent toutefois pas à arriver, lorsque quelques insectes isolés puis un essaim entier nous prennent en chasse. Pas de temps à perdre dans ce cas, et c'est muni du fusil laser de base qu'on se met à canarder nos assaillants afin de préserver notre précieuse santé.


Le souci, c'est qu'on se retrouve très vite débordé. Entre les attaques aériennes, les autochtones qui nous ciblent à distance et les monstres cachés dans les fourrés, les niveaux ne nous laissent que peu de répit. Alors il faut s'adapter et reculer pour mieux contre-attaquer. De toute façon, il n'y a pas le choix : la vie s'épuise bien trop vite pour être négligée. Clairement, les premières minutes de jeu sont assez frustrantes. On a à peine eu le temps de prendre connaissance de nos capacités que la faune locale nous a déjà étripé et fait retourner au précédent checkpoint. Fort heureusement, notre petit cosmonaute dispose d'un équipement de pointe fort utile qui, une fois maîtrisé, nous permet de lutter efficacement et révèle le véritable potentiel d'un gameplay nerveux et exigeant.


Now I have a machine gun ho-ho-ho


Pour rivaliser avec l'ennemi ou atteindre certains recoins, il faut savoir utiliser le bon objet au bon moment. De base, notre équipement se compose donc d'un fusil simple, d'un jet-pack et d'une sorte de grappin laser. Si le jet-pack requiert du carburant pour fonctionner, le grappin est utilisable indéfiniment et s'avère l'outil le plus utile. D'une simple pression de la touche correspondante, il est possible de s'accrocher à tout élément de décor pour y être ensuite tracté. Un moyen efficace de se mettre à l'abri rapidement, de gagner quelques mètres sur nos poursuivants et pouvoir ajuster un tir correctement. Mieux, le grappin permet de se saisir d'objets ou d'adversaires et de les propulser où l'on veut en relâchant prise. En prendre un pour taper sur l'autre est donc une bonne façon de faire le ménage. Dernière possibilité : le tir de gravité, qui permet d'éloigner un ennemi trop collant ou de s'éjecter d'un recoin.


Pour se défendre, on glane ensuite des armes plus sophistiquées au fil des niveaux, parmi lesquelles on retrouve les inévitables mitraillette, lance-flammes et autres lance-missiles. Chacune disposant d'un tir alternatif et de munitions limitées, il convient alors d'en changer selon la situation et le type d'ennemis rencontrés. Sans forcément veiller à l'économie des munitions cependant, puisqu'on ne retrouve jamais les armes récupérées précédemment au début d'un nouveau niveau. Un moyen comme un autre d'inciter le joueur à explorer des niveaux de plus en plus grands et dangereux, dans lesquels on peut sans cesse revenir sur ses pas pour chercher des kits de survie ou découvrir les nombreux secrets cachés.


La loi de la jungle


Au clavier comme à la manette, Capsized demande un certain temps d'adaptation. S'il n'est pas évident au début d'utiliser tout le matériel à disposition, d'atteindre des endroits surélevés tout en abattant ses poursuivants, on finit par se faire à ces situations tendues et à ce rythme frénétique. A bien des égards, Capsized rappelle souvent Metal Slug. La plateforme et l'exploration en plus. Certains passages bloqués demandent d'être détruits ou contournés puis débloqués grâce au grappin et au tir de gravité. Les corniches pleines de vies et d'items ne sont accessibles que par l'escalade mais il y a plusieurs manières de procéder. A noter aussi que certains niveaux ne se finissent pas toujours traditionnellement, et qu'il faut parfois remplir des objectifs précis comme détruire des cibles particulières, récupérer des objets ou secourir des alliés. Une bonne idée. Déambuler dans ce monde redoutable devient un plaisir lorsque des combats titanesques s'engagent et défient les lois de la pesanteur.


D'autant plus que Capsized jouit d'une réalisation tout à fait admirable. Le monde conçu par l'artiste Jesse McGibney fourmille de détails colorés, de végétation, de ruines et d'effets visuels plus technologiques. On a constamment cette agréable impression de se déplacer sur une bande-dessinée. La musique d'ambiance et les bruitages crédibles - notamment des coups de feu - donnent à l'ensemble un cachet indéniable. Les niveaux, s'ils ne quittent jamais vraiment le cadre de la jungle, offrent une bonne variété de situations, entre les passages étroits et les espaces plus aérés. On regrette cependant certaines séquences un peu brouillonnes, dues à l'accumulation souvent malheureuse d'ennemis sur le dos. Un désagrément parfois atténué par une retraite expresse bien aidée d'un pathfinding pas toujours évident pour l'IA.


Composée de 12 missions à la difficulté et la densité croissantes, la campagne se boucle en quatre ou cinq heures seulement, du moins en difficulté normale. Une campagne jouable en coopération sur un même écran, à laquelle vient s'ajouter un mode arcade assez complet proposant divers sous-modes intéressants : survie contre des vagues infinies, duel contre un ami ou contre un bot, time trial avec collecte d'oxygène et un mode sans armes, pour les plus téméraires. Une durée de vie honnête et une rejouabilité intéressante, pour un petit jeu sympathique et disponible sur Steam à 9,99€. Un jeu à essayer.


Superbe, exigeant et très fun à jouer, Capsized confirme lui aussi la bonne santé du jeu vidéo indépendant. Entre les phases de plateforme/exploration bien huilées et les combats souvent endiablés faisant apparaître des dizaines d'ennemis à l'écran, c'est bien simple : on ne s'ennuie jamais. Parmi les bonnes idées, on retiendra le concept de la gravité et le déplacement au grappin, pour un titre à l'évidence séduisant et singulier. Alientrap, comme d'autres auparavant, prouve avec Capsized que la 2D est encore promise à un bel avenir.


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