Bayonetta
Celle qui savait jouait de ses charmes
Difficile de passer à côté d'un phénomène comme Bayonetta. A fortiori lorsque l'on a affaire à une sulfureuse sorcière qui sait user de sa réputation de femme fatale pour faire parler d'elle, et inviter le joueur à un voyage exotique ultra-violent.
Oui, car le déhanchement de l'héroïne éponyme a déjà tellement fait d'effet chez certains, qu'il est désormais de bon ton de parler du jeu à la troisième personne féminine. Que voulez-vous, la donzelle en combinaison moulante ne laisse pas indifférent. Armée de ses flingues, lunettes et talons aiguilles, la belle s'en va-t-en guerre dans un beat-them-all contre les archanges d'un Paradis tout droit sorti de l'esprit retors d'Hideki Kamiya (Capcom puis PlatinumGames). Le monsieur n'en est d'ailleurs pas à son premier coup d'essai, puisqu'on lui doit - en plus de Resident Evil 2 - celui qui, au départ, était parti pour être le quatrième volet de Resident Evil : Devil May Cry le bien nommé. Peut-être pas aussi révolutionnaire que ce dernier en son temps, Bayonetta jouit en revanche de la même nervosité et du même sens de la chorégraphie - démentielle et/ou aérienne - de son homologue masculin.
"I'm a bit... I mean witch."
C'est certes totalement assumé par PlatinumGames, et à ne pas prendre au premier degré, mais Bayonetta n'est pas un personnage tout ce qu'il y a de plus adorable. Déjà beaucoup moins classe qu'un Dante (Devil May Cry), la sorcière paraît parfois sexy, parfois provocante mais souvent vulgaire. Admettons que ce soit dans l'ère du temps de jouer les pétasses de service, mais Bayonetta n'a pas tant de charisme qu'on voudrait nous le faire croire. Pourtant dans le fond, elle ne manque pas de ressources. Servie par un gameplay aux petits oignons, la voilà très vite - et très instinctivement - à mener la vie dure aux créatures de l'Au-delà. Enchaînant les combos au corps à corps et à distance, Bayonetta fait gicler l'hémoglobine dans des finish spectaculaires, et verse constamment dans la surenchère graphique qui pourra cependant s'avérer confuse par moments. Il n'y a qu'à se farcir une pelletée d'adversaires et conclure d'un bon gros boss bien senti pour se rappeler les parties déjantées de Devil May Cry ou encore Viewtiful Joe (du même concepteur), la J-Pop en plus. D'autant que Bayonetta emprunte pas mal à ses ancêtres : items de restauration, système de score... et action soutenue. Très soutenue.

"Approchez, y'en aura pour tout le monde."
Si quelques Quick Time Events maladroits et quelques brèves phases d'exploration viennent certes ponctuer l'aventure, Bayonetta ne fait de toute façon pas de compromis en faisant la part belle à l'action. Les rixes s'enchaînent rapidement, avec de nombreux checkpoints pour ne pas pénaliser l'erreur d'inattention malvenue. Aussi, Bayonetta cultive un paradoxe des plus appréciables : facile à prendre en mains dès la première fois, la sorcière requiert cependant un certain doigté pour en tirer toute la quintessence. Bah oui, l'allusion graveleuse n'est pas l'apanage de la dame.
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Commentaires
20 décembre 2009
1 semaine 5 jours
Mais ludiquement parlant, c'est quand même très bon y'a rien à dire.