PSPgo : A contre-courant

Un lancement en demi-teinte



Lancée le 1er octobre dernier, la PSPgo de Sony a depuis pas mal fait parler d'elle. Et pas forcément en bien puisque cette quatrième version de la PlayStation Portable est arrivée sur le marché avec la ferme intention d'imposer une distribution de jeux dite dématérialisée. Ce qui n'est pas vraiment dans les intérêts des vendeurs de jeux vidéo, qui le font savoir.


Dévoilée à l'E3 2009, la PSPgo présente quelques différences physiques avec le modèle précédent. A commencer par une envergure sensiblement réduite, dûe à un écran coulissant (laissant apparaître les touches) d'une moindre taille. Avec ses formes arrondies, la PSPgo a gagné en place ce qu'elle a cependant perdu en confort, puisqu'il devient moins pratique de la tenir quand on a de grandes mains. Mais la principale innovation de la console réside dans l'absence de port UMD, se substituant à 16 Go de mémoire interne destinés à stocker les documents, mais surtout les jeux... téléchargeables sur le PlayStation Store, uniquement.


DR

L'industrie est-elle bien prête pour le dématérialisé ?


Mais la console ne fait pas l'unanimité. Avec ce mode de distribution, c'est tout un tas d'habitudes qui disparaissent chez le joueur, autant que de possibilités commerciales qui s'évaporent pour les revendeurs. Pour ces derniers, la sortie de la PSPgo représente en quelque sorte un paradoxe pour leur activité, dont ils tirent les principaux revenus grâce au marché de l'occasion. Si les possesseurs d'une version antérieure de la PSP continueront donc à acheter leurs jeux en UMD, les éventuels acquéreurs d'une PSPgo en magasin n'y reviendront pas, eux. Et quand on connait les faibles marges faites sur les ventes de consoles, on comprend alors un peu l'inquiétude générale dans les chaînes de magasins de jeux. Inquiétude traduite par le manque de soutien flagrant pour la console, notamment de la part de Micromania et de son PDG, Pierre Cuilleret, soulignant une "demande anecdotique", et le peu de réservations qui vont avec. D'autant que par rapport à une PSP 3000 à 170 €, la PSPgo vendue 250 €, est déjà nettement moins attractive.


La fin d'une époque ?


Suite à ce lancement peu réussi et critiqué dans le monde entier (voire carrément boycotté chez certains), Georges Fornay (le Président de Sony Computer Entertainment France) a tenu à réagir aux déclarations de Pierre Cuilleret. Le patron de SCE France a donc publiquement dénoncé la volonté de boycott de la part de Micromania, en précisant avoir tout de même reçu une commande de consoles de ces derniers. En se montrant au passage rassurant pour les revendeurs, puisqu'ils auraient "très nettement amélioré la marge sur la vente de la machine".


Il reste à savoir si ce marché dématérialisé (déjà bien implanté en Asie) pourrait donner des idées à d'autres constructeurs. Ce qui, en plus des problèmes purement commerciaux évoqués plus haut, pourrait ne pas contenter le joueur. A fortiori le joueur pas vraiment sensible à ce nouveau mode de distribution, et éventuellement nostalgique du passage en magasin et de la boite de jeu. On imagine en effet mal ne plus pouvoir se prêter de jeux entre potes, faire découvrir des titres méconnus, ou bien tout simplement revendre en magasin. Comme on le fait depuis des dizaines d'années maintenant.


Mais au vu des chiffres de vente plutôt modestes dans les premiers jours qui ont suivi le lancement, gageons que Sony soit peut-être un peu refroidi, et ne persiste pas dans cette optique de marché entièrement digital.


Partager sur :