Le jeu vidéo japonais est-il en crise ?

Les acteurs de l'industrie sont sceptiques



Cette année 2009 aura (encore) été l'occasion d'observer des résultats de ventes en baisse pour les éditeurs japonais. Alors que l'industrie nippone peine à se renouveler, certaines personnalités du secteur y vont de leur déclaration, entre aveu d'échec et dépit. Le jeu vidéo japonais a t-il perdu de son hégémonie ?



Square-Enix, Sony, Sega ou bien encore Nintendo, tous sont sur le coup d'une chute de leurs chiffres d'affaires. Contexte économique actuel et baisse du yen sont évidemment pointés du doigt, mais pas seulement. C'est la créativité même de l'industrie nippone qui est remise en cause depuis quelques semaines. Keiji Inafune (Dead Rising 2) de chez Capcom tout d'abord, s'est montré fort pessimiste à l'issue du Tokyo Game Show : "Personnellement, lorsque je fais le tour de tous les différents jeux du TGS... Je me dis... 'Mec, c'est fini pour le Japon. On est foutus. Notre industrie est terminée' !" Déclaration surprenante pourtant pas si éloignée de la réalité, puisque l'éditeur japonais Enterbrain révèle que les ventes de consoles et de jeux pour le premier semestre 2009 seraient respectivement en baisse de 15,1% et 7,5%.



Nintendo, la force tranquille ?



Des constatations allant de pair avec les très innatendues déclarations du PDG de Nintendo, Satoru Iwata, lors d'une conférence de presse récente à Osaka : "La Wii a calé. Nous avons été incapables de sortir continuellement de grands jeux, et nous avons laissé retomber la bonne ambiance". On entrevoit alors peut-être les limites de cette politique de casual-gaming, qui même si elle se révèle plutôt bien installée dans les charts au cours de cette année fiscale , n'est définitivement pas la seule et unique solution pour Nintendo. "Dans le marché du jeu vidéo, une fois que l'on a perdu son élan, cela prend du temps pour s'en remettre". Le temps de rentrer dans la haute-définition, comme semble le suggérer Shigeru Miyamoto ? Il convient cependant de relativiser les chutes de ventes chez Nintendo, qui même si elles existent, n'empêchent en tout cas pas la firme nippone de figurer à la première place des entreprises du monde, d'après une étude précise de BusinessWeek.



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Quand le jeu vidéo japonais va mal, Kojima et son équipe posent façon série policière américaine !



L'an dernier, Hideo Kojima (Konami) tenait quant à lui déjà le même genre de propos : "Malheureusement, les sociétés de production occidentales, qui sont bien établies et extrêmement talentueuses, nous ont amplement surpassées. Auparavant il était courant de dire que le Japon modelait le monde du jeu vidéo, mais c'est en train de devenir un adage du passé. Aussi triste que cela puisse paraître, c'est la vérité". Vérité confirmée par les derniers charts japonais, qui voient des jeux occidentaux tels qu'Uncharted 2 ou Forza 3 pointer le bout de leur nez dans les foyers nippons.



Quant au casual-gaming, le père de Metal Gear Solid disait alors que "les jeux casual représentent désormais le gros de notre industrie (...) cela ouvre de nouveaux marchés, de nouvelles possibilités, ce qui est très intéressant. Mais nous ne devons pas oublier les hardcore gamers, ceux dont la vie est rythmée par les jeux vidéo". A n'en pas douter, le salut de l'industrie (japonaise) passe par un retour aux sources. Des jeux aboutis, proposant un concept et/ou un challenge à la hauteur des capacités techniques des machines actuelles. Parce qu'on est avant tout joueurs plutôt que consommateurs.




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