Heavy Rain, l'éclaircie pour Quantic Dream ?
Un démarrage en trombe
Voilà quatre ans que le studio français Quantic Dream planchait sur le projet. Deux ans que son auteur-concepteur, David Cage, parcourait le globe pour présenter et tenter de légitimer ce titre ambitieux, presque déjà génial pour certains, bien trop arrogant pour les autres. Depuis sa sortie le 24 février dernier, Heavy Rain est très majoritairement bien reçu par la critique du monde entier. Mieux encore : la pluie battante de David Cage est en train d'emporter les doutes sur le succès commercial incertain d'un jeu comme celui-ci. Alors David, on savoure ?

C'était d'emblée un double pari osé, pour Quantic Dream de s'investir dans un jeu si atypique; pour Sony de croire être en mesure de le vendre. Deux semaines seulement après sa sortie, qui ne sera d'ailleurs pas passée inaperçue dans les gros médias généralistes, les résultats sont déjà encourageants. Le 2 mars dernier, Guillaume de Fondaumière (Directeur Général délégué de Quantic Dream) confiait à l'Agence Française pour le Jeu Vidéo qu'Heavy Rain s'était alors écoulé à 500 000 exemplaires dans le monde. Autant dire qu'à l'heure actuelle, les ventes de The Nomad Soul et Fahrenheit (les deux précédentes réalisations de Quantic Dream) sont très certainement dépassées pour le premier et en mesure de l'être prochainement pour le second (respectivement 450 000 et 800 000 unités environ). En France, Heavy Rain a trouvé près de 40 000 acquéreurs au cours de sa première semaine. De quoi être confiant pour l'avenir.
L'expérience d'auteur de ce genre a semble-t-il donc un avenir commercial, malgré le statut de blockbuster (tout de même) et le public atteint, fatalement restreint par le concept atypique du titre. Forcément pas l'unique levier de modification du média jeu, Heavy Rain est toutefois clairement à placer dans le haut d'une liste de jeux altérateurs des codes et habitudes du loisir numérique, aux côtés des Shenmue et Shadow of the Colossus sûrement. Pour sa réalisation technique certes, mais surtout pour l'intensité de son scénario et la puissance de son concept, Heavy Rain a l'étoffe de ces jeux qui susciteront toujours les railleries moins qu'ils ne génèreront des cultes.
Le consensus étant obstrué par l'approche obligatoirement subjective que l'on peut avoir d'un tel jeu, des avis plus modérés ont pu se lire à certains endroits. Pas toujours au goût de David Cage, pour qui la réception critique revêt une importance capitale : "Je sais que je joue la vie de mon studio sur ces notes, ma vie à moi aussi. Elles sont le meilleur garant de ma liberté artistique sur mon prochain projet, du niveau de confiance auquel je pourrais prétendre, de ma légitimité". Et de conclure qu'il "reste maintenant la deuxième partie du pari : que le jeu rencontre son public et se vende". Ça commence plutôt bien.
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Commentaires
20 décembre 2009
1 semaine 5 jours
Après Cage n'avait peut-être pas besoin de s'étaler comme ça sur son blog. Surtout vu l'argumentaire des sites critiqués... Ca n'en valait pas la peine.
Ces premières ventes sont une en tout cas une bonne chose, pour Quantic Dream et le jeu vidéo en général.